Dessin de presse et liberté d’expression au programme du Mois de l’autre

A l’occasion de la cérémonie de clôture de la 18ème édition du « Mois de l’Autre », organisée jeudi 31 mars 2022 au lycée Stanislas à Villers-lès-Nancy (54), les lycéens et lycéennes du Grand Est se sont réunis pour en faire le bilan.

Une édition sous le signe du dessin de presse et de la liberté d’expression

Cette année, la jeunesse était invitée à s’interroger sur le thème de « la liberté d’expression et le dessin de presse », en résonance avec l’attentat du 16 octobre 2020 contre Samuel Paty, professeur à Conflans Sainte-Honorine. La Région soutient le rôle fondamental du dessin de presse en s’associant à Cartooning for peace.

Un parcours pédagogique riche et dense pour les dix établissements participants, avec notamment :

  • Une formation dispensée auprès des délégués et des jeunes lycéens engagés pour devenir « ambassadeurs » du dessin de presse.
  • Une série d’ateliers-rencontres avec des dessinateurs de presse, tels que Thierry Doudoux, Laurent Salles, Rohdo ou encore Pierre Pauma a été organisée afin d’approfondir le travail sur les enjeux des libertés d’expression et d’opinion, de favoriser les échanges sur la liberté d’expression et la reconnaissance du travail journalistique de ces dessinateurs.
  • Une journée de formation autour du dessin de presse à destination des équipes pédagogiques.
  • Une exposition de dessins de presse « Dessins pour la paix » mise à disposition par Cartooning for Peace.
  • Un parcours d’éloquence a été organisé par la Région avec le soutien de l’association « Inédit Théâtre » permettant aux lycéens d’aborder les enjeux de la liberté d’expression tout en apprenant à affirmer leurs idées en s’appropriant les codes de l’éloquence. Cinq classes ont participé à ce parcours.
  • Un projet « hymne du Mois de l’Autre » initié par le lycée Leclerc de Saverne, en collaboration avec les lycées du Haut Barr de Saverne, Schweitzer de Mulhouse, Blaise Pascal de Forbach, Hugues Libergier de Reims et Pierre Bayen de Châlons-en-Champagne. Ce projet consistait à créer un clip valorisant les messages portés dans le cadre du Mois de l’Autre. Les lycéens ont participé à l’ensemble du parcours de création, de l’écriture des textes à la mise en scène du clip, de la création de musique à l’interprétation du titre et à sa mise en chorégraphie.

Qu’est-ce que « Le Mois de l’Autre » ?

Organisé par la Région en partenariat avec les Rectorats de Nancy-Metz, Reims et Strasbourg, le « Mois de l’Autre » est un grand projet éducatif qui mobilise les lycéens du Grand Est autour de valeurs telles que la tolérance, l’égalité, la laïcité, la liberté d’expression, etc. A travers des actions menées dans les lycées (écriture, théâtre, jeux, créations, etc.), il encourage la dynamique du vivre ensemble, dans le respect des différences de chacun.

Ces quatre dernières années, les thématiques abordées dans le cadre du « Mois de l’Autre » étaient les suivantes :

  • La tolérance et l’engagement auprès des personnes en situation de handicap (2017/2018).
  • Vie privée et réseaux sociaux (2018/2019).
  • La lutte contre le racisme et l’antisémitisme (2019/2020).
  • L’égalité entre les femmes et les hommes (2020/2021).

En savoir plus sur le Mois de l’Autre

Journées Européennes des Métiers d’Art les 2 et 3 avril

Le week-end des 2 et 3 avril auront lieu les 16èmes Journées Européennes des Métiers d’Art placées sous le thème «  Nos mains à l’unisson »

Pour cette édition du renouveau, la Région Grand Est est mise à l’honneur et valorisera particulièrement les hommes, le faire-ensemble et l’européanité des gestes des métiers d’art.

Un programme riche et diversifié vous permettra de découvrir les savoir-faire métiers d’art du Grand Est : 150 ateliers ouverts, 60 manifestations et 500 professionnels des métiers d’art sont mobilisés.

Ce grand rendez-vous des métiers d’art est organisé en région Grand Est par le Pôle Métiers d’Art de la Région Grand Est avec le soutien de la Fédération des Métiers d’Art d’Alsace et la Chambre Régionale de Métiers et d’Artisanat Région Grand Est.

Retrouver le livret programme de cet évènement en Grand Est

Plus d’informations sur :

www.journeesdesmetiersdart.fr

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Filière brassicole : en route vers l’excellence !

Un nouveau contrat de filière pour les années 2022-2027 en faveur de la filière brassicole a été voté à l’occasion de la Commission permanente du 18 mars 2022. Objectif : renforcer la performance et la transition environnementale de l’une des filières agricole d’excellence du Grand Est.

Première région de France productrice d’orge, de malt et de houblon (représentant respectivement 26%, 70% et 96% de la production nationale), le Grand Est compte de grands groupes brassicoles tels que Kronenbourg, Heineken, Brasseries de Champigneulles, Meteor et Licorne. Le Grand Est produit plus de la moitié de la bière française*.

Ce contrat s’articule autour de trois enjeux majeurs :

  • Coordonner, organiser et animer la filière en travaillant notamment à la mise en place d’une structure
    interprofessionnelle régionale en parallèle d’une structuration nationale
  • Développer, transformer et accompagner la production houblonnière et brassicole pour maintenir leurs performances économique, sociale et environnementale
  • Améliorer la compétitivité et la rentabilité des exploitations par l’innovation et les actions de recherche et de développement, pour favoriser la résilience agronomique et l’adaptation au changement climatique (exemple de la démarche LA2030 qui entend faire des exploitations des lycées agricoles publics du Grand Est, des fers de lance de l’innovation régionale dans le domaine agricole).

Le précédent contrat de filière houblon a déjà permis de soutenir 63 exploitations grâce à une aide d’1,8 millions
d’euros. Pour les cinq années à venir, l’engagement régional pourrait atteindre 2,6 millions d’euros.

 

*L’abus d’alcool est dangereux pour la santé

500 relocalisations d’entreprises d’ici 2028

Garantir une indépendance nationale et sécuriser des chaînes de production s’imposent comme une évidence après les déboires de la crise sanitaire. Les limites de la délocalisation et la dépendance aux fournisseurs étrangers nous intiment de reconquérir nos propres forces. La Région s’appuie depuis avril 2020 sur le pacte de relocalisation des approvisionnements grâce auquel 68 entreprises ont déjà pu être accompagnées.

Le Plan régional « 500 relocalisations » 2021-2028 voté à l’occasion de la Séance plénière du 17 mars 2022 repose sur les cinq axes suivants :

  • Accompagner les entreprises du territoire dans le processus de relocalisation
    C’est le cœur du plan. La Région a déjà pu soutenir 21 entreprises depuis 2021, elles ont ainsi pu identifier des fournisseurs alternatifs nationaux et, dans la mesure du possible, régionaux. Un engagement de 500 000 euros sera voté lors de cette séance pour pérenniser cette aide. La stratégie de relocalisation s’inscrit également dans une dynamique des parcours de transformation (diagnostics 360°, expertises, etc.).
  • Sécuriser les capacités foncières pour accueillir les relocalisations
    Pour attirer les entreprises industrielles, la Région Grand Est doit disposer d’un foncier « clé en main », qui correspond à leurs attentes potentielles. La récente démarche Star’Est vise à identifier les réserves foncières exemplaires (friches, zones d’activités, etc.) capables d’accueillir de nouveaux projets d’implantation et de relocalisation sur le territoire. Ce sont 54 sites repérés qui représentent une surface totale de 5 200 hectares.
  • Renforcer la capacité de recrutement des entreprises et répondre aux besoins en ressources humaines liés aux relocalisations
    Pour aider les entreprises qui s’implantent à embaucher les salariés qualifiés, le plan de relocalisation s’articule avec la politique régionale en matière de formation professionnelle. Celle-ci permet notamment aux jeunes et aux demandeurs d’emploi — forte de ses connexions avec les différentes branches professionnelles — de se qualifier sur des métiers en tension de recrutement fortement recherchés. Les besoins émergents en compétences dans le secteur du numérique, de la transition environnementale, de la santé et de l’industrie sont aussi ciblés.
  • Partir de ses atouts propres
    La Région soutient de nombreux projets individuels de relocalisation. Pour amplifier le processus de réindustrialisation, elle adopte une approche proactive et structurée capable d’identifier les potentiels de relocalisation de certains secteurs stratégiques au regard des atouts du territoire. Pour arriver à son but, le Grand Est étudie la création des 1res Assises de la relocalisation ainsi que celle d’un think tank et d’une task force sur les mêmes questions.
  • Observer les relocalisations réussies grâce au suivi statistique et à la collecte de données
    La Région doit identifier les projets de relocalisation pour mieux comprendre leurs motivations, leurs facteurs de réussite mais également les freins à leur aboutissement. Grâce à ces informations, les actions, outils et dispositifs mis en place pourront être adaptés. Dans ce cadre, les projets de relocalisations d’entreprises, d’activités ainsi que les relocalisations de chaînes de valeurs seront suivis de façon distincte.

Des aides renforcées pour des transports plus durables

Pour aider les habitants du Grand Est à préserver leur pouvoir d’achat tout en encourageant des solutions de transport moins énergivores, la Région déploie une série d’aides en faveurs des mobilités plus durables.

Des solutions pour tous : particuliers, collectivités, artisans, commerçants et agriculteurs

Déployer des mobilités durables, ensemble !

C’est grâce au concours de tous les acteurs concernés que la Région atteindra ses objectifs. Voici les actions proposées pour les accompagner dans la conversion de leur parc de véhicules :

  • Sensibiliser les collectivités pour qu’elles intègrent davantage les modes doux.
  • Renforcer le dialogue et encourager les échanges entre les acteurs des mobilités et les entreprises pour qu’ils répondent de concert aux besoins.
  • Fédérer les acteurs autour des corridors de mobilité, notamment de l’hydrogène vert pour qu’ils prennent position dans les dynamiques nationales et européennes.
  • Expérimenter et produire de la connaissance et de la compétence (grâce aux acteurs académiques régionaux) en lien avec le déploiement de solutions de mobilité bas carbone.
  • Aider les études territoriales – d’ici fin 2023, la collectivité veut en soutenir une soixantaine – qui recensent les besoins, dimensionnent et planifient la conversion des flottes captives publiques et privées en mobilité bas carbone (biocarburants, hydrogène, GNV, électrique, etc.). Objectif : tendre vers plus de stations multi-énergies.

Mobilité propre : des aides pour tous

Dans le cadre de sa stratégie « Motorisations à faibles émissions » votée en décembre dernier, la Région veut aller encore plus loin pour favoriser la multiplication de projets de stations multi-énergies et soutenir l’achat ou la conversion de véhicules.

  • Un accompagnement des particuliers, des artisans, des entreprises et des agriculteurs pour le remplacement, la modification ou l’acquisition de véhicules plus propres.

    Acquisition d’un véhicule plus propre pour les particuliers
    Consulter l’aide

    Acquisition d’un véhicule plus propre pour les professionnels
    Consulter l’aide

  • Un nouvel appel à projets doté de plus de 10 millions d’euros, pour l’acquisition de :

3 000 véhicules légers propres
Sont concernés les particuliers domiciliés en zone rurale autonome, les artisans, les entreprises et les agriculteurs dans ces mêmes zones ainsi qu’en ZFE, pour un forfait plafonné à 50 % d’aide régionale du coût éligible du véhicule.

10 000 vélos à assistance électrique
Sont concernés tous les particuliers domiciliés en Grand Est. Ces aides sont cumulables avec celles de l’État et des collectivités locales. Le véhicule ou le vélo devra être acquis auprès d’un professionnel du Grand Est.

Acquisition d’un vélo à assistance électrique
Consulter l’aide

Carte grise pour les véhicules propres : coup de pouce pour les concessionnaires

En décembre dernier, la Région votait la fin de l’exonération des tarifs de cartes grises pour les véhicules dits propres, en vigueur depuis le 1er février 2022. Aujourd’hui, les concessionnaires ayant signé des ventes avant cette date, se voient dans l’obligation d’assumer le règlement de la taxe sur les certificats d’immatriculation dès lors que la livraison du véhicule intervient après le 1er février. Compte tenu de la tension actuelle face aux délais de livraison de véhicules neufs, la Région a pris le parti de financer le coût de cette taxe à la charge des concessionnaires. L’opération est estimée à 970 000 euros et contribue à poursuivre les efforts de la Région en matière de mobilité durable.

Plus de bornes et de points de charge en Grand Est

Dans le cadre de sa politique « Mobilité durable », la Région financera un total de 110 bornes et 196 points de charge supplémentaires en Grand Est.

Une stratégie pleine de sens qui entend augmenter l’offre de bornes de recharge sur tout le territoire et faciliter la mobilité hybride et électrique. Aujourd’hui, ce sont 813 bornes et 1 322 points de charge installés depuis le lancement du dispositif en janvier 2020 !

Urgence Ukraine : la Région Grand Est mobilisée

Pour venir en aide aux populations civiles en Ukraine et aux réfugiés hors du pays, la Région Grand Est va déployer une série de mesures d’urgence :

Suspension de tous les engagements de coopération avec des partenaires institutionnels liés au gouvernement russe

La Collectivité régionale mettra en suspens, tant que la guerre perdurera, tout engagement conduit au titre du partenariat liant la Région Grand Est à l’Oblast (Région) de Samara. Elle suspendra également, dans les mêmes conditions, toute possibilité de financement de mobilités d’étudiants ou de jeunes (dans le cadre de projets individuels ou collectifs) vers la Russie. Le Grand Est s’est, par ailleurs, assuré que la vingtaine d’étudiants de la région effectuant sa scolarité dans des établissements d’enseignement supérieur en Russie, avec une bourse de la Région, a pu quitter le pays comme préconisé par le Ministère de l’Europe et des Affaires étrangères.

Un soutien pourra être apporté aux étudiants du Grand Est isolés en Russie, afin de leur permettre de retourner en France, par le remboursement des frais engagés pour leur retour.

Contribution au Fonds d’action extérieure des collectivités territoriales (FACECO) du Ministère de l’Europe et des Affaires étrangères

En appui aux actions mutualisées au sein de l’Association des Régions de France, et en partenariat avec le Ministère de l’Europe et des Affaires étrangères (MEAE), la Région Grand Est apportera également une contribution de 100 000 euros au Fonds d’action extérieure des collectivités territoriales (FACECO). Créé en 2013, le FACECO est un fonds de concours géré par le Centre de crise et de soutien du MEAE. Ce fonds permet aux collectivités territoriales qui le désirent d’apporter une aide d’urgence aux victimes de crises humanitaires à travers le monde, qu’il s’agisse de crises soudaines (comme les catastrophes naturelles) ou durables (comme en cas de conflit).

Appui à l’accueil de réfugiés ukrainiens en France : soutien à des initiatives locales et formations linguistiques

Afin d’accompagner des initiatives portées par des ONG du Grand Est en faveur de l’accueil de réfugiés d’Ukraine sur notre territoire, un soutien financier pourra être accordé, au cas par cas, à des ONG qui en feraient la demande, sur les crédits alloués à l’aide humanitaire d’urgence.

La plate-forme « Do you speak Jeun’Est » qui permet l’auto-apprentissage de langues sera largement mise à disposition en fonction des besoins. Elle dispose d’ores et déjà d’une interface d’apprentissage du Français Langue Etrangère/FLE en ukrainien ainsi qu’en russe.

De plus, pour faciliter l’insertion professionnelle des réfugiés des offres dédiées d’apprentissage ou de perfectionnement en français pourront être développées en tant que de besoin, en complément de l’offre de formation en langue française professionnelle mise en place par la Région et Pôle emploi.

Environ 400 ordinateurs reconditionnés pourront être mis à disposition de réfugiés accueillis afin de leur permettre de réaliser des démarches administratives, de travailler, d’étudier et de maintenir le lien avec leurs proches.

Par ailleurs, la gratuité d’accès aux réseaux de transports en commun Fluo gérés par la Région sera octroyée aux réfugiés d’Ukraine qui pourront voyager dans les TER et bus du réseau, sur simple présentation d’une pièce d’identité.

Accompagnement des entreprises fragilisées par la rupture d’accès aux marchés russe et ukrainien

Certaines entreprises du Grand Est sont particulièrement exposées à des problèmes de trésorerie (insolvabilité de partenaires commerciaux en Ukraine ou en Russie, interdiction d’exportations de catégories de biens en Russie, délais de livraison et de paiement incertains), d’approvisionnement (importation de matières premières de Russie ou d’Ukraine), à des surcoûts importants (coûts de l’énergie ou des matières premières). Un autre point d’attention concerne les cyber incidents et risques d’attaque des systèmes d’information des opérateurs économiques. Pour les accompagner au mieux, la Région a défini un mode opératoire avec les services déconcentrés de l’Etat, les chambres consulaires et les agences de développement économique pour partager la remontée d’informations concernant le signalement des entreprises en difficulté du fait de cette situation géopolitique, et orienter les dirigeants vers les bons guichets ou services d’assistance, en fonction de leurs besoins.

Le 2 mars dernier, le Président de la Région Grand Est annonçait son engagement en faveur de l’Ukraine et de ses ressortissants, via un partenariat avec la Protection civile sur le volet logistique : 150 000 euros seront ainsi déployés. Le premier avion en direction de la Pologne devrait décoller le 21 mars avec 90 tonnes de marchandises à bord. Très préoccupée par les conséquences de cette guerre sur l’Ukraine et les Ukrainiens, la collectivité a également accompagné des collectes d’urgence dans les communes volontaires et en a organisé dans des Maisons et Hôtels de Région. Son implication ne s’arrête pas là : la Région suspend toute coopération avec des partenaires institutionnels liés au gouvernement russe. Elle soutiendra par ailleurs les entreprises du Grand Est qui seront frappées par la rupture des liens économiques et commerciaux avec la Russie. Un versement de 100 000 euros au Fonds d’action extérieure des collectivités territoriales (FACECO) du Ministère de l’Europe et des Affaires étrangères (MEAE) est également prévu.

Investissements étrangers : le Grand Est confirme un bilan très positif

A l’occasion du dévoilement des premiers éléments du bilan 2021 de l’Investissement Étranger en France, la Région Grand Est annonce des résultats en croissance et se positionne au 3ème rang national.

Le poids des Investissements Étrangers dans le Grand Est

Le Grand Est dispose d’un tissu industriel puissant et performant, qui constitue en lui-même un fort facteur d’attractivité pour de nouveaux acteurs et projets : plus de 2 500 entreprises à capitaux étrangers y emploient 135 000 employés, soit une des plus fortes concentrations nationales. Les entreprises de la sphère germanophone en particulier, en ont fait leur terre d’accueil prioritaire, mais les Nord-Américains, Belges, Scandinaves y sont également fortement représentés, contribuant massivement à l’effort de R&D, aux investissements et à l’exportation de la Région.

Une forte dynamique régionale en 2021

Avec 143 projets recensés, le Grand Est connaît une croissance de +39% par rapport à 2020 et concentre aujourd’hui 9% des flux de projets d’investissement international à destination de la France. Ces résultats positionnent la région au 3ème rang national derrière l’Ile-de-France et l’Auvergne-Rhône-Alpes.

Principales tendances

Avec 52 nouvelles implantations générant plus de 1200 emplois, le territoire confirme son attractivité comme porte d’entrée du marché français ou européen pour les industriels européens et acteurs nord-américains ou asiatiques.

Avec plus de 76 projets de production et une concentration de 17% des flux nationaux, la région Grand Est confirme son statut de première destination industrielle de France.

Des projets phare

Parmi les principales nouvelles implantations, rappelons celles de Pfenning à Drusenheim (67) (logistique, 430 emplois), Plug Power à Batilly (54) (automobile, 50 emplois). De très belles extensions de sites confirment l’ancrage régional de signatures comme Merck à Molsheim (67) (pharmacie, 350 emplois), Yanmar à Saint-Dizier (52) (mécanique, 120 emplois), ou Airesis /Coq Sportif à Romilly-sur-Seine (10) (sportswear, 80 emplois).

Les investissements étrangers ont également permis de maintenir des emplois menacés comme à Faulquemont (57) (reprise de Vitesco par le chinois ActBlue) ou via la reprise du snowpark d’Amneville (57) par le néerlandais Snowworld.

Une stratégie économique régionale forte

La Région a engagé des politiques extrêmement volontaristes pour faire du Grand Est un territoire de référence dans les différentes transformations qui façonnent l’économie de demain. Ces résultats confirment que sa position de leader dans les domaines de l’industrie 5.0, de la transition énergétique et de l’intelligence artificielle est reconnue par les décideurs industriels et économiques bien au-delà de nos frontières, y compris par des groupes étrangers de premier rang au niveau mondial. Le nombre important d’entreprises qui ont confirmé des décisions de réinvestissement sur leur site en Grand Est dans la conjoncture actuelle est également un marqueur fort de reconnaissance de l’action régionale.

Si ce bilan est à mettre avant tout au crédit des entreprises qui continuent d’investir malgré une visibilité particulièrement réduite, il exprime également la pertinence des efforts déployés par la Région dans le cadre du Business Act Grand Est, en particulier dans l’industrie 5.0, ainsi que la contribution de l’agence d’innovation et de prospection internationale Grand E-Nov+, qui accompagne les implantations nouvelles en partenariat étroit avec les territoires, en synergie avec les métropoles et acteurs locaux.

 

Tous fibrés en Alsace !

Terminés avec trois mois d’avance malgré la crise sanitaire, les travaux de déploiement de la fibre dans les 700 communes alsaciennes se sont achevés en décembre 2021. Les dernières ouvertures commerciales interviendront d’ici à la fin du mois de mars, 430 000 foyers pourront alors bénéficier de la fibre optique en Alsace !

A présent, chaque foyer, chaque entreprise, chaque service public, disposent des mêmes services que les grandes agglomérations et bénéficient d’un réseau de qualité. Au-delà d’une connexion efficiente, l’accès au Très Haut Débit contribue au développement et à l’attractivité des communes. Il offre la possibilité aux jeunes de bénéficier d’outils numériques pour leurs études (notamment dans le cadre du Lycée 4.0), aux entreprises, qu’elles soient petites, artisanales, industrielles ou agricoles d’engager une transformation digitale de leur activité, et d’accéder plus facilement aux services publics.

C’est une avancée majeure tant en termes d’égalité entre les zones rurales et urbaines, qu’en termes de transformation numérique, l’un des défis du Business Act Grand Est pour la relance des territoires.

Avec la fin des travaux de Rosace et ceux de Moselle Fibre, et l’achèvement prochain du réseau Losange (Champagne-Ardenne et les trois autres départements de Lorraine ), la région Grand Est sera, fin 2022, la 1ère région française 100% Très Haut Débit, faisant d’elle l’une des régions pionnières en Europe !

Dans ce contexte, Josiane Chevalier, Préfète de la région Grand Est, Jean Rottner, Président de la Région Grand Est et Benoît Brechon, Directeur général de Rosace, se sont réunis mardi 15 mars 2022, au lycée agricole d’Obernai pour officialiser la fin de chantier du déploiement de la fibre en Alsace.

En savoir plus sur la fibre en Grand Est

La Région, toujours engagée pour l’égalité femmes-hommes

Consciente que l’égalité entre les femmes et les hommes se joue tant au niveau local qu’au niveau national, la Région s’engage pleinement pour faire du Grand Est un territoire exemplaire en matière d’égalité. Elle fédère notamment les différents acteurs afin de répondre aux grands enjeux sociaux.

Égalité femmes-hommes : l’engagement sans faille de la Région Grand Est

En matière d’égalité femme-homme, la Région mobilise l’ensemble des politiques sectorielles pour :

  • Développer l’entrepreneuriat et l’accompagnement au leadership avec notamment le programme « Elles osent en Grand Est »
  • Favoriser la mixité des métiers et des filières et œuvrer pour l’égalité professionnelle (exemple : prix régional de l’égalité et de la mixité)
  • Soutenir des actions à destination de la jeunesse (Mois de l’Autre, Conseil régional des Jeunes, etc.)
  • S’engager au moyen d’actions remarquables pour plus d’égalité au quotidien et pour lutter contre les violences sexuelles, sexistes et celles faites aux femmes.

La Région a décidé de faire de la lutte contre les violences faites aux femmes et intrafamiliales une grande cause régionale. La Collectivité propose des actions complémentaires à celles menées par l’ensemble des acteurs impliqués contre ce fléau. Ces mesures seront intégrées au plan d’actions 2022-2024 en cours d’élaboration en faveur de l’égalité entre les femmes et les hommes. Depuis l’automne 2021, une série d’auditions de professionnels, acteurs institutionnels et associatifs a été lancée. Des assises régionales sont également prévues courant 2022.

 

En savoir plus

 

La Région Grand Est et la Protection civile s’associent pour venir en aide à l’Ukraine

Le Président de la Région Grand Est, Jean Rottner, engage un partenariat avec la Protection civile -à laquelle est déjà liée l’Association des maires de France (AMF)- en faveur de l’Ukraine et de ses ressortissants.

Très préoccupé par les incidences humanitaires induites par cette guerre, le Conseil régional -en lien avec les communes du territoire- organise des collectes d’urgence dans l’ensemble des mairies volontaires mais également dans ses Maisons et Hôtels de Région ouverts pour l’occasion.

Des agents, et des lycéens en formation, volontaires et détenteurs du permis poids lourds, participeront au transport des biens collectés vers les dépôts sécurisés de la Protection civile, avec l’appui et le concours des Conseils départementaux. Les dons obtenus seront ensuite acheminés, par les équipes de la Protection civile -dans des convois sécurisés- vers l’Ukraine et les pays limitrophes (notamment la Région de Łublin, partenaire de la Région Grand Est).

Pour permettre la tenue de ces opérations, une subvention de 100 000 euros est attribuée en urgence par le Conseil régional Grand Est à la Fédération nationale de protection civile en charge de leur organisation logistique. De plus, 50 000 euros sont alloués à sa délégation du Bas-Rhin qui assume spécifiquement le centre de gestion national basé à Strasbourg.

Liste de dons

Logistique

  • Lits de camp
  • Sacs de couchage
  • Couvertures de survie
  • Vêtements
  • Matériel électrique (projecteurs, lumières, rallonges, générateurs)

Hygiène

  • Gels et savons corps
  • Dentifrices
  • Brosses à dents
  • Couches et laits maternisés
  • Médicaments (non périmés)
  • Rasoirs
  • Mousses à raser
  • Serviettes hygiéniques

Secours

  • Gants à usage unique
  • Masques chirurgicaux
  • Matériel de suture
  • Blouses médicales
  • Bandages élastiques
  • Garrots
  • Lecteurs à glycémie
  • Pansements hémostatiques
  • Pansements
  • Solutions antiseptiques
  • Matériel médical (respirateur, défibrillateur, moniteur, etc.)

Plus de renseignements au 01 41 21 21 21 et par mail à :


 

25 ans de circulation ferroviaire entre Wissembourg et Winden !

Le 1er mars 2022 marquait le 25ème anniversaire de la reprise de la liaison ferroviaire transfrontalière entre Winden et Wissembourg. A cette occasion, Malu Dreyer, Ministre-Présidente de Rhénanie-Palatinat, Jean Rottner, Président de la Région Grand Est et Sandra Fischer-Junck, Maire de Wissembourg, sont revenus jeudi 3 mars 2022 à Wissembourg, sur le succès de cette ligne, un symbole fort de coopération au sein de l’espace européen et transfrontalier.

Mise en service dès 1855, arrêtée en 1975, la ligne Winden/Wissembourg est officiellement rouverte le 1er mars 1997. Depuis lors, la Région travaille en étroite collaboration avec ses partenaires allemands pour développer cette offre. Desserte, tarification, matériel roulant, autant de chantiers nécessaires pour assurer la pérennité de la ligne et fluidifier les déplacements transfrontaliers.

Ce sont aujourd’hui 11 à 12 allers-retours/jour en semaine et 7 à 9 allers-retours/jour le week-end, qui sont assurés entre Strasbourg et Wissembourg ainsi que 16 A/R par jour en semaine et 13 A/R par jour le week-end, entre Winden et Wissembourg. 6 correspondances Strasbourg-Wissembourg-Winden et 7 correspondances dans le sens inverse sont également assurées. Par ailleurs, il existe une tarification transfrontalière spécifique – le Pass Alsace Rheinneckar/TicketPlus Alsace – adaptée aux déplacements des usagers et étendue, depuis 2016, au-delà du Bas-Rhin et de la Rhénanie-Palatinat Sud, au territoire des transports de Karlsruhe.

A partir de 2025, la desserte sera considérablement développée grâce à l’acquisition de 30 trains Régiolis transfrontaliers mais aussi grâce à la mise en concurrence des sept lignes franco-allemandes (collaboration avec les trois Länder allemands (la Sarre, la Rhénanie-Palatinat, le Bade-Wurtemberg) et les deux groupements Schienenpersonennahverkehr Rhénanie-Palatinat Sud et Nord).

Des travaux doivent toutefois être exécutés en amont pour permettre des liaisons de meilleure qualité : modification des installations en gare de Wissembourg, relèvement de la vitesse nominale de la ligne de 100 à 130 km/h, modification de la signalisation entre Haguenau et Wissembourg, amélioration du point de croisement de Soultz-sous-Forêts. La Région réfléchit à une desserte transitoire sur la ligne Winden/Wissembourg afin d’assurer le démarrage du contrat d’exploitation transfrontalier et de garantir des liaisons directes au service annuel 2024.

In fine, l’objectif pour le tronçon Winden/Wissembourg (ligne Strasbourg—Winden-Neustadt) est d’assurer 113 km de ligne directe et un cadencement à l’heure entre 6h et 22h, soit 17 A/R par jour en semaine. Cette desserte est pleinement inscrite dans le cadre du Réseau Express Métropolitain Européen (REME) de Strasbourg, qui propose une offre de transport de qualité pour devenir un des meilleurs réseaux ferroviaires en Europe !

 

Vivre l’interculturalité par Gilles Reithinger, évêque-auxiliaire du Diocèse de Strasbourg

Nous vivons dans un monde où se côtoient de multiples cultures : origines, religions, cultures, manières de penser etc. dans nos familles et nos lieux de vie. Notre volonté étant de vivre l’Évangile en articulation avec celles et ceux que nous rencontrons au quotidien, cela ne peut se faire qu’en prenant en considération cet état de fait.

Puiser sa foi dans la pluralité des cultures

Considérant le Concile Œcuménique Vatican II comme un terrain commun, j’emprunte le concept de culture à la Constitution apostolique Gaudium et spes (53) :

Au sens large, le mot culture désigne tout ce par quoi l’homme affine et développe les multiples capacités de son esprit et de son corps ; s’efforce de soumettre l’univers par la connaissance et le travail ; humanise la vie sociale, aussi bien la vie familiale que l’ensemble de la vie civile, grâce au progrès des mœurs et des institutions ; traduit, communique et conserve enfin dans ses œuvres, au cours des temps, les grandes expériences spirituelles et les aspirations majeures de l’homme, afin qu’elles servent au progrès d’un grand nombre et même de tout le genre humain.

Il en résulte que la culture humaine comporte nécessairement un aspect historique et social et que le mot « culture » prend souvent un sens sociologique et même ethnologique. En ce sens, on parlera de la pluralité des cultures. Car des styles de vie divers et des échelles de valeurs différentes trouvent leur source dans la façon particulière que l’on a de se servir des choses, de travailler, de s’exprimer, de pratiquer sa religion, de se conduire, de légiférer, d’établir des institutions juridiques, d’enrichir les sciences et les arts et de cultiver le beau. Ainsi, à partir des usages hérités, se forme un patrimoine propre à chaque communauté humaine. De même, par là se constitue un milieu déterminé et historique dans lequel tout homme est inséré, quels que soient sa nation ou son siècle, et d’où il tire les valeurs qui lui permettront de promouvoir la civilisation.(1)

La culture est ainsi le fruit de l’exercice de la liberté humaine. Les êtres humains établissent librement les relations par lesquelles chercher et donner un sens à l’existence, à la vie de tous les jours, personnelle et sociale.

Les relations culturelles naissent du besoin humain de donner un sens partagé à la vie en commun (idéaux, valeurs, attitudes…), d’établir le mode de produire, de distribuer et de consommer les biens matériels nécessaires pour la vie (relations économiques), et de prendre des décisions sur le sort et le gouvernement de la société civile (relations politiques)(2). Les religions et spiritualités constituent une part importante du sens, des symboles et des significations données à la vie d’un groupe humain à travers la culture(3).

Étant historiques, les relations humaines sont dynamiques et muables. Par conséquent, la culture est à la fois personnelle et partagée. Chaque personne trouve sa propre identité dans la culture.

L’inculturation ou mieux comprendre la diversité culturelle

L’inculturation(4) comprend deux aspects complémentaires(5). Le premier, c’est le processus de s’inculturer dans sa propre culture, c’est-à-dire d’acquérir une conscience « critique » vis-à-vis de celle-ci afin d’établir des relations positives avec la diversité culturelle.

L’inculturation dans sa propre culture suppose que l’on connaisse et que l’on franchisse les barrières sociales et intergénérationnelles du groupe social auquel on appartient. C’est un processus à travers lequel on découvre la réalité dont on fait partie et on parvient à reconnaître ses richesses et ses limites.

Le deuxième aspect, c’est l’inculturation dans une autre culture. C’est comme si on déménageait dans une autre famille, dans laquelle on arrive avec ce qu’on est, et on apprend un autre univers de relations sociales à travers lesquelles on donne un sens à la vie, on organise la communauté, on produit et on répartit les biens nécessaires. C’est toujours un dialogue entre la culture de laquelle on provient et celle dans laquelle on arrive. Pour vivre cela, il n’est pas nécessaire d’aller à l’autre bout du monde.

Voyons dans cette même perspective le texte de l’épître de saint Paul aux Philippiens 2,6-8(6) Sans perdre sa nature divine, sa « culture », Jésus va parmi les hommes et s’identifie jusqu’à la mort avec la condition humaine. En effet, comme le rappelle le P. Arturo Sosa, supérieur général des jésuites, les Évangiles nous décrivent Jésus, que nous reconnaissons comme l’homme universel, inculturé dans une réalité humaine concrète, à partir de laquelle il faut apprendre à s’ouvrir à d’autres.

L’épisode de la rencontre avec la femme syro-phénicienne(7) nous montre un Jésus qui réagit spontanément en accord avec la culture dans laquelle il a grandi. En un deuxième temps, il sort pour aller à la rencontre des besoins de la femme et franchit les barrières de sa culture pour rencontrer l’humanité qui a besoin de salut. À partir de son expérience humaine, Jésus-Christ nous libère aussi des schémas culturels.

 L’Évangile de Jésus est à un tel point universel qu’il peut s’incarner dans toute culture et provoquer son humanisation. Autrement dit, pour être chrétien, il n’est pas nécessaire de se dépouiller de sa propre culture et adopter une culture chrétienne inexistante. Pour être chrétien, il faut s’ouvrir à la conversion que présuppose l’expérience de la miséricorde et du pardon, expérience qui mène à la réconciliation avec Dieu par la rencontre avec l’autre et avec sa propre réalité. Toute culture a besoin de cette expérience de pardon pour accroître son humanité.

L’interculturalité, un chemin vers l’universalité

Le Concile Vatican II a perçu très clairement les changements importants auxquels s’approchait l’humanité. Il a pressenti le processus que nous décrivons aujourd’hui comme passage de l’ère industrielle à l’ère de la connaissance. Les rapides avancées technologiques, l’accès à l’information, la mobilité humaine et la mondialisation sont des aspects emblématiques de ce changement d’époque. Nous vivons ce changement sous de nombreux aspects de la vie quotidienne, et peut-être sommes-nous moins conscients des nombreux changements, profonds et importants, qui se produisent dans les cultures et dans les relations intergénérationnelles(8).

La catholicité est la dimension qui nous permet de comprendre l’universalité du point de vue de l’expérience spirituelle du Dieu de Jésus de Nazareth. En effet, Jésus est né à la périphérie de l’Empire, dans une petite nation colonisée, et a fait activement partie de son peuple ; il a donné sa vie pour annoncer la libération, don de Dieu, à travers ses paroles et ses œuvres ; crucifié et ressuscité, il a envoyé ses disciples diffuser son message de salut parmi toutes les cultures. La communauté des disciples de Jésus — l’Église — a dû dépasser, non sans tensions, son horizon local pour aller au-delà de ses frontières culturelles et vivre la catholicité au sens d’universalité avec des racines locales.

La définition retenue lors du Congrès de l’Union des Supérieurs généraux, à Rome, en mai 2017, indique que le chemin de catholicité implique l’être humain capable de se sentir membre de l’humanité parce qu’il a acquis une conscience « critique » de sa propre culture (inculturation), capable de reconnaître avec joie celle des autres êtres humains (multiculturalité) et d’établir des relations avec les autres, en s’enrichissant de la variété dont fait partie sa propre culture (interculturalité). L’universalité vécue ainsi peut se transformer en promotion de la justice sociale, de la fraternité et de la paix.

L’interculturalité(9)serait donc le chemin pour accéder à la dynamique « rencontre et dialogue », car elle reconnaît que les différences culturelles sont la révélation du visage de l’humanité créée à l’image et ressemblance de Dieu, enrichie par l’échange de plus en plus profond entre elles. L’interculturalité n’est donc pas une fin en soi, mais le moyen par lequel nous créons les conditions pour vivre pleinement l’humanité. L’interculturalité contribue au respect de la dignité des personnes, des cultures et des peuples.

Le chemin continue

Le chemin de l’interculturalité offre de nouvelles opportunités à la mission de l’Église dans le monde actuel. Nous vivons dans des sociétés blessées, surtout à cause de la pauvreté et des conditions dans lesquelles vit la majorité de la population mondiale. Face à la crise du modèle de relations humaines créé jusqu’à maintenant, le pape François invite à ne pas cesser nos efforts d’inventer et de mettre en pratique un modèle alternatif, plus lié aux aspirations humaines que l’Évangile résume dans les dimensions du Royaume de Dieu : justice, paix et amour.

Chrétiens ayant reçu le don de la foi, nous croyons qu’un autre monde est possible parce que Jésus s’est incarné parmi nous, a donné sa vie sur la croix pour le pardon des péchés de tous et, ressuscité, il participe à la vie du Dieu qui nous a promis son royaume. Au service de cette foi, ancrés en elle, nous nous engageons dans le ministère de la réconciliation des êtres humains entre eux, des êtres humains avec la nature créée, et de tous avec Dieu. Ce sont là trois dimensions simultanées de l’appel du crucifié-ressuscité pour parvenir à la libération du genre humain(10).

Itinérance

La croissance des migrations dans le monde entier peut nous servir d’exemple. La mobilité a caractérisé l’humanité depuis ses origines. Nous assistons à l’heure actuelle à une croissance exponentielle de la mobilité humaine grâce au développement technologique et la tendance mondialisatrice de l’époque historique que nous vivons. Bien que la mobilité humaine librement choisie ait aussi augmenté au niveau mondial, la plupart des flux migratoires actuels sont forcés en raison des conditions de pauvreté, des violations des droits de l’homme, des guerres, des violences sociales et de la traite de personnes.

Ce qui enthousiasme et mène à l’interculturalité, c’est la dynamique de « la rencontre et du dialogue » partagée, discernée en commun, planifiée avec bon sens et évaluée avec réalisme.

La rencontre avec les autres requiert un processus de formation dialoguant dans maintes dimensions au même temps : le contexte, les cultures, l’histoire, les processus personnels, la préparation intellectuelle… Ce n’est qu’avec l’aide de la grâce de Celui qui nous invite à cette vie qu’il est possible de s’ouvrir à l’expérience de l’interculturalité comme dimension de notre vie chrétienne.

Le Christ, en effet, a envoyé ses disciples « sans rien pour la route » (Lc 9, 2) afin qu’ils ne soient pas trop encombrés pour rencontrer tout simplement des visages et des vies concrètes d’hommes et de femmes en entrant dans leur maison — c’est-à-dire dans l’intimité de leur cœur — et en leur communiquant la lumière de celui en qui ils trouveront le repos(11).

C’est ainsi qu’un tel ressourcement dans notre esprit commun conduira chacun à discerner son chemin propre dans les circonstances des communautés locales que nous voulons servir avec toujours plus de zèle. Ceci sera sûrement source d’un véritable renouvellement. Nous avons aussi remarqué que le « discernement évangélique »(12) est la méthode que le pape François nous a assignée, au début de son pontificat, dans son exhortation apostolique Evangelii gaudium où il a désiré « indiquer des voies pour la marche de l’Église dans les prochaines années »(13) en précisant que le seul critère pour que ce discernement soit effectif et sans faux-fuyants est d’aller ad extra(14).

Tout le reste est l’incarnation des multiples appels de l’Esprit dans la réalité particulière d’un lieu qu’il faut prendre en charge pour lui donner une réponse pleinement évangélique. Et une fois que nous savons regarder cette réalité remplis par « l’amour du Christ qui nous presse » (2 Co 5, 14), nous pouvons discerner sans cesse des appels pour lesquels nous prions le Seigneur d’envoyer de nouvelles personnes à sa moisson (Mt 9, 38).

(1)Gaudium et Spes, 53

(2)Affirmer le caractère relationnel de la culture, ainsi que reconnaître l’égalité entre les cultures ne veut pas dire proposer le relativisme.

(3)Cf. STANISLAUS, L. – UEFFING, M. (eds.), Interculturalidad, Estella (España), Ed. Verbo Divino, 2017, pp. 18-22, synthèse des éléments de la culture.

(4)L’inculturation est un concept qui dépasse celui de déculturation (abandon douloureux de sa propre culture) et d’acculturation (acquisition passive ou involontaire d’une autre culture). Cf. MELLA, Pablo, ¿Qué significa formar interculturalmente a un jesuita en América Latina? Mimeo, Centro Bonó, República Dominicana, 2016

(5) P. Arturo Sosa s.j., intervention à l’USG mai 2017

(6)Lequel, existant en forme de Dieu, n’a point regardé comme une proie à arracher d’être égal avec Dieu, mais s’est dépouillé lui-même, en prenant une forme de serviteur, en devenant semblable aux hommes ;  et ayant paru comme un simple homme, il s’est humilié lui-même, se rendant obéissant jusqu’à la mort, même jusqu’à la mort de la croix. 

(7)Mc 7,24-30.

(8)P. Arturo Sosa s.j., ibid.

(10) P. Arturo Sosa, s.j., ibid.

(11)Saint Augustin, Confessions, I, 1, 1.

(12) François, Evangelii Gaudium 50.

(13)François, Evangelii Gaudium 1.

(14)Cf François, Evangelii Gaudium 20 : « Dans la Parole de Dieu apparaît constamment ce dynamisme de “la sortie” que Dieu veut provoquer chez les croyants. […]nous sommes tous invités à accepter cet appel : sortir de son propre confort et avoir le courage de rejoindre toutes les périphéries qui ont besoin de la lumière de l’Évangile. »

 

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