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Mar 26
Sommaire

    Munis de leurs archives personnelles, de photos jaunies et de correspondances précieusement conservées, les participants avaient tous le même objectif : contribuer à l’enrichissement de la base de données Mémoires Grand Est. Cette plateforme recense les Alsaciens et Mosellans morts ou portés disparus durant la Seconde Guerre mondiale — qu’ils aient été incorporés de force, victimes civiles ou déportés. Déjà consultable en ligne, elle prendra bientôt une nouvelle dimension en étant intégrée au futur Mur des Noms, un monument mémoriel qui sera inauguré en septembre prochain à Schirmeck, au pied du Mémorial Alsace-Moselle.

    Outil avant tout numérique, ce Mur des Noms permettra d’aller à la rencontre de l’Histoire, pour comprendre comment près de 40 000 personnes ont perdu la vie, qu’ils aient été incorporés de force, victimes civiles ou déportés. Les visiteurs pourront effectuer des recherches, naviguer parmi les fiches historiques, découvrir des récits de vie, des documents et des images qui redonnent un visage, une humanité à celles et ceux dont le destin fut brisé par la guerre.

    Ce dispositif se veut pédagogique mais permet également d’entendre la voix des familles et de prendre la mesure des drames vécus sur les territoires alsacien et mosellan.

    Pour Annick et Sandra, présentes lors de l’atelier, la démarche est particulièrement chargée d’émotion. Partager la mémoire de leurs grand-oncles et arrière-petits-cousins, Albert et Marcel, qu’elles n’ont pourtant jamais connus, était pour elles une évidence. Depuis des années, elles s’appliquent à reconstituer leur parcours : leur incorporation, leur vie sur le front, leurs souffrances loin de leur foyer et, finalement, leur mort au combat.

    De même, Jean-Claude, qui a perdu ses deux oncles pendant la guerre, se souvient de la peine immense de sa grand-mère et partage son besoin de comprendre, de témoigner et de se souvenir.

    Apporter ces fragments d’histoire familiale à la base Mémoires Grand Est, c’est à la fois honorer leur mémoire et combler un silence transmis de génération en génération, tout particulièrement en Moselle.