Sommaire
Les constats
La trajectoire Zéro Artificialisation Nette (ZAN) et les obligations de compensation écologique (séquence Éviter, Réduire, Compenser) créent une demande croissante de sites de restauration et de renaturation.
Les porteurs de projets (aménageurs, collectivités, industriels) peinent souvent à identifier des sites pertinents, à sécuriser le foncier et à monter les dossiers techniques et financiers.
Les territoires, de leur côté, manquent d’outils partagés pour localiser leurs enjeux et valoriser leur potentiel de renaturation.
Pour répondre à ces nombreux enjeux, la Région travaille à la structuration d’un opérateur dédié « Grand Est Nature et Développement » afin de viser les objectifs suivants :
- Apporter de l’ingénierie aux collectivités pour le développement et la mise en œuvre des projets de compensation foncière et écologique, de renaturation et de restauration de la nature
- Mobiliser et agréger des ressources financières au travers de fonds publics, européens mais aussi privés en activant une diversité de leviers (fiscal via le régime du mécénat, contribution volontaire via la RSE/CSRD, règlementaire, etc.)
- Proposer une expertise régionale et partager les connaissances et les retours d’expérience
La création de cet opérateur constitue une expérimentation inédite à l’échelle nationale, tant par son positionnement à la croisée d’enjeux économiques, sociaux et environnementaux que par la combinaison de ses missions d’ingénierie, d’animation, d’accompagnement des projets et de mobilisation de financements diversifiés.
Pour atteindre ces objectifs, l’opérateur régional « Grand Est Nature et Développement » proposera notamment aux collectivités une offre d’accompagnement multi-services destinée à :
1. Diagnostiquer et outiller les territoires
Pour localiser et dimensionner les besoins en artificialisation, compensation, restauration et renaturation, et identifier des sites préférentiels de renaturation, grâce à des outils mis à disposition des territoires.

2. Accompagner la reconversion des friches
Dans la continuité de la séquence Éviter /Réduire. Ce dispositif (encore en cours d’arbitrage) devrait permettre un accompagnement technique et financier global des territoires pourvus en friches afin de les accompagner concrètement depuis les études de pollution aux travaux de renaturation, en passant par les travaux de déconstruction ou de dépollution.
3. Développer les Sites France Crédits Biodiversité (ex SNCRR)
Via le lancement d’un Appel à Manifestation d’Intérêt et l’accompagnement de projets pilotes en Grand Est. Cet outil agréé par l’État, permet d’anticiper et de mutualiser la compensation écologique, tout en soutenant des actions de restauration et de renaturation de la biodiversité. Il constitue un nouvel outil de compensation « par l’offre », ouvert aux initiatives volontaires en faveur de la biodiversité. Il est l’évolution de l’ancien outil site naturel de compensation (S

© Ministère de la Transition Écologique et de la Cohésion des Territoires, Guide pour l’élaboration d’un site naturel de compensation
4. Expérimenter les certificats biodiversité
À travers le pilote des certificats biodiversité territoriaux (2026–2027), porté par le Muséum National d’Histoire Naturelle, Carbone 4 et la Fondation pour la Recherche pour la Biodiversité. L’objectif de la démarche en cours est de poser les bases d’un mécanisme de financement crédible, reposant sur des certificats biodiversité de contribution. Le projet vise à construire un cadre complet et réplicable : gouvernance, standards offre/demande, méthodes de mesure des gains, registre de certificats et cadre de marché.

5. Déployer un dispositif de Paiements pour Services Environnementaux (PSE)
Permettant de rémunérer les exploitants agricoles pour des pratiques favorables à la biodiversité, à l’eau et au climat. L’opérateur régional apportera son expertise dans la construction des projets, l’identification des périmètres d’intervention, la mobilisation des partenaires et des agriculteurs, l’appui à la recherche de financements privés. Ce dispositif sera testé d’abord sur les prairies permanentes et sur les grandes cultures. Un premier Appel à Manifestation d’Intérêt sera lancé à l’automne en ce sens.

