Sommaire
Le 29 juin 2023, l’assemblée régionale en séance plénière a approuvé la première feuille de route régionale visant à accélérer l’adaptation de la collectivité au changement climatique et à donner aux acteurs et territoires du Grand Est l’opportunité de s’adapter.
Ces deux dernières années, la Région Grand Est a renforcé et concrétisé cet engagement en transformant les principes d’intervention retenus en actions tangibles sur le terrain.
Pour faire face à la forte vulnérabilité du territoire, à des vagues de chaleur plus intenses et plus longues et à une modification de la disponibilité de la ressource en eau avec des risques accrus de restriction en été et en automne, elle s’est structurée pour agir à 3 niveaux :
- Agir sur les bâtiments et les équipements pour intégrer les risques naturels et climatiques, garantir un confort d’été passif et participer à une sobre gestion de la ressource en eau
- Accompagner les stratégies d’aménagement du territoire
- Renforcer la capacité d’adaptation du territoire du Grand Est face à une modification de la disponibilité de la ressource en eau et aux évolutions associées au changement climatique (cycle saison)
45 actions pour anticiper les vagues de chaleur et le manque d'eau
Agriculture et forêt
1. Accompagner les agriculteurs du Grand Est dans l’adaptation au changement climatique via des actions d’acquisitions de référence, d’expérimentations et de transferts. Pour cela, la Région reconduira notamment son soutien au programme Air Climat Sol Énergie (ACSE) porté par la Chambre régionale d’agriculture.
Bilan 2023-2025 : La Région a confirmé et poursuivi son soutien à ce programme phare.
Nouveauté 2025 : Cette action est renforcée par une proposition nouvelle d’adaptation de la production végétale par l’évaluation et l’expérimentation de légumineuses résilientes face au stress hydrique. La Région sera partie prenante de ce travail porté par la CRAGE et Terres Inovia dans le cadre du projet LIFE ADAPT’EST.
Il s’agit de sélectionner et tester des variétés de légumineuses (soja, pois, féverole, lentille) résistantes à la sécheresse et adaptées aux filières locales du Grand Est, en intégrant les interactions génétique-environnement-pratiques culturales. L’expérimentation comprendra un ciblage génétique de variétés (avec semenciers) et des tests en conditions réelles chez 25 agriculteurs volontaires, sur 4 campagnes culturales, avec suivi hydrique et agronomique précis. Elle sera associée au développement de pratiques culturales innovantes, à des mesures de performances environnementales et technico-économiques en impliquant un comité multi-acteurs (agriculteurs, industriels, agences de l’eau). Des actions de promotion de ces solutions d’adaptation au changement climatique sont prévues in fine.
2. Aider les éleveurs dans leurs investissements via le dispositif d’aide aux Investissements pour la Performance des exploitations Agricoles du Grand Est (IPAGE). Les aides liés au stockage et au séchage de fourrages ou d’aliments pour les éleveurs sont notamment poursuivies. Par ailleurs, une bonification des aides est introduite pour tout projet favorisant l’adaptation et l’atténuation au changement climatique (+10%). Plus de 10 millions d’euros / an (FEADER et Région) sont ainsi budgétisés pour accompagner les éleveurs du Grand Est ayant un projet d’investissement.
Bilan 2023-2025 : 1210 investissements d’agriculteurs accompagnés pour un montant de 57M€ dans le cadre du programme IPAGE Elevage (2023-2024). 211 nouvelles demandes déposées en 2025, notamment pour une meilleure gestion du fourrage pour les animaux d’élevage (achat de matériel d’entretien de prairies et de récolte d’herbe), impacté par les sécheresses estivales
3. Participer à la cartographie et au développement d’outils numériques des zones à risque d’incendie en forêts (accessibilité aux massifs forestiers et disponibilité de la ressource en eau).
Bilan 2023-2025 : La Région a soutenu et mobilisé des financements européens en soutien à des actions de formation, d’animation, et des projets partenariaux en lien avec les transitions dans le cadre de la stratégie de développement de l’économie du vivant. Les actions mises en place ont notamment trait à la prévention et à l’anticipation du risque incendie au niveau des forêts publiques et privées. La Région a également accompagné l’ONF qui porte une des 43 actions du projet Life ; action qui vise à établir un relevé des dessertes et de la ressource en eau des massifs forestiers du Grand Est en commençant par le Massif des Vosges. Cet outil cartographique a vocation à être mis à disposition des Services Départementaux d’Incendie et de Secours pour réduire la durée de la phase de reconnaissance et faciliter l’accès aux départs de feu.
Nouveauté 2025 : Le projet Life ADAPT’EST intègre une action de l’ONF visant à produire des cartes facilitant (phase de reconnaissance réduite) un accès rapide des engins de lutte contre les incendies aux départs de feu et aux points d’eau.
4. Lancer, avec les acteurs de la forêt, la réflexion sur la problématique des graines et plants autour du développement de vergers à graines et de peuplements de référence adaptés aux forêts de demain. Engager un soutien aux pépinières forestières. Activer le comité technique forêt – bois sur ce sujet.
Bilan 2023-2025 : La Région est allée à la rencontre des acteurs de la filière et a intégré un soutien aux investissements des pépinières forestières dans le programme IPAGE Végétal à l’occasion de la Commission Permanente mars 2025. Elle a lancé un Appel à projet dédié le 1er avril 2025.
5. En matière de sylviculture, soutenir la mise en place d’îlots complémentaires de tests en gestion en poursuite de la démarche FuturForEst et déployer la démarche Sylv’ACCTES sur de nouveaux territoires (démarche de sylviculture d’adaptation au changement climatique et en faveur des services écosystémiques). En parallèle, il s’agira de mener des actions complémentaires d’appui aux transitions et aux risques pour les propriétaires forestiers (conseils) et les élus locaux (formation).
Bilan 2023-2025 : La région a réalisé un bilan de l’expérimentation Sylv’ACCTES en avril 2024 et fait le choix de poursuivre la démarche proposée, de lancer une campagne de participation citoyenne, d’adhérer à l’association Sylv’ACCTES et d’étendre l’expérimentation aux forêts du Parc naturel régional de Lorraine. En complément, elle a approuvé la mise en place d’un nouveau dispositif FEADER de soutien au coopérations forestières qui pour but de faire émerger et d’accompagner des projets multi-partenariaux pour répondre aux enjeux de la filière forêt-bois.
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Lycées
6. Desimperméabiliser et végétaliser 100 cours de lycées à partir de 2024. L’objectif est de transformer progressivement les cours des lycées en espaces frais, multifonctionnels, favorables à la biodiversité et à l’infiltration des eaux pluviales. Les lycées considérés comme prioritaires sont notamment ceux souffrant du phénomène d’ilots de chaleur urbain. Il s’agira également de planter des arbres ou des rideaux végétaux pour lutter contre la chaleur dans les lycées.
Bilan 2023-2025 : Une 1ère cour de lycée désimperméabilisée et végétalisée en 2023 (lycée Rudloff de Strasbourg). La Région a recruté une chargée de mission dédiée, établi la liste des lycées prioritaires, ainsi qu’un référentiel commun avec l’aide du CEREMA pour les projets de renaturation des lycées. Elle a engagé des études, organisé des webinaires, visites et formations pour préparer ce travail conséquent. Les 3 prochains lycées sont définis (Jean Talon, Roosevelt, Georges Brière). 12 lycées feront l’objet de tels travaux d’ici 2027.
Par ailleurs, dans le cadre du programme ‘Lycée en Transition’, 27 lycées ont également été accompagnés pour végétaliser leurs espaces extérieurs. Un travail de réflexion plus global est en cours pour assurer la protection du patrimoine arboré des lycées du Grand Est: sécurité pour les usagers, renouvellement d’arbres fragilisés ou malades, fraicheur et biodiversité seront les guides de l’action régionale via des outils à développer et à rendre opposable lors de toute intervention extérieure.
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7. Développer les références régionales sur l’agrivoltaïsme en construisant un réseau de parcelles pilotes dans les lycées agricoles sur différents systèmes de production (élevage, maraichage, arboriculture, céréale, viticulture, etc.).
Bilan 2023-2025 : Cette action n’est pas engagée d’un point de vue opérationnel mais s’inscrit dans le programme LA 2030 : programme d’investissement dans les fermes et ateliers des lycées agricoles du Grand Est mobilisant près de 57M€ de financement régional. Les sites d’expérimentation pour des pilotes d’agrivoltaïsme sont en cours d’identification.
8. Concrétiser la réalisation des objectifs de la loi EGALIM par la mise en œuvre du programme Adage (horizon 2030 : 2/3 de produits locaux de qualité dont 1/3 de bio dans la restauration collective) impliquant une évolution de l’approvisionnement, par des produits locaux, produits durablement en Grand Est, une structuration des filières pour répondre aux besoins des cantines, une évolution des pratiques en cuisines, et une approche collective associant l’ensemble des acteurs de la chaîne de valeur et les collectivités. Poursuivre les actions de lutte contre le gaspillage alimentaire dans les lycées.
Bilan 2023-2025 : La Région a poursuivi le déploiement du programme ADAGE avec la mise en œuvre de l’ensemble des actions programmées dans la phase 2 (2024), notamment la création de l’association AGAPES des groupements de commande du Grand Est et une convention de partenariat financière établie, des expérimentations avec les portails Agrilocal55 et Paysan bio lorrain et 13 lycées acheteurs, le vote d’une aide aux achats de qualité dans les lycées (9,4 repas soutenus en 2024), l’implication de 15 lycées dans Fabuleuses légumineuses Grand Est et la signature de la Charte ADAGE avec les métropoles de Metz, Nancy, Reims et Strasbourg. Par ailleurs, 52 lycées en transition travaillent sur le volet gaspillage alimentaire.
9. Systématiser la récupération des eaux pluviales pour les eaux de lavage (lycées professionnels) et le développer pour les sanitaires des lycées.
Bilan 2023-2025 : Des clauses spécifiques sont intégrées dans le dispositif ORCHIDEE (plan d’achats durables de la Région) et ce sujet est systématiquement étudié dans le cadre de toutes les nouvelles opérations.
Economie, innovation, recherche
10. Couvrir les 350 entreprises ICPE à enjeu « Eau » en Grand Est par la réalisation de diagnostic Eau. Accompagner 50 entreprises engagées dans le cadre du parcours de transformation par an dans la réalisation d’un diagnostic « eau » et 50 autres dans la réalisation de diagnostic « biodiversité ».
Bilan 2023-2025 : Les modules ont été développés par la Région et 46 entreprises ont été bénéficiaires d’un diagnostic hydrique et 1 entreprise d’un diagnostic biodiversité.
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11. Créer et mobiliser un collectif universitaire sur l’adaptation au changement climatique en Grand Est et faire de l’adaptation au changement climatique un sujet prioritaire des projets d’enseignement supérieur et de recherche soutenus par la Région (200/an dont 80% sur des priorités régionales).
Bilan 2023-2025 : La Région a notamment soutenu la chaire européenne « Eau & Durabilité » créée par l’Université de Strasbourg pour partager les enjeux de l’eau avec d’autres thématiques de recherche.
12. Renforcer le partenariat avec l’association Hydréos pour mobiliser les acteurs de l’innovation régionale notamment sur les processus de réutilisation des eaux usées traitées, et l’optimisation des systèmes d’irrigation.
Bilan 2023-2025 : La Région a confirmé son soutien au pôle de compétitivité Hydréos, renommé Aquanova, pour mobiliser les acteurs de l’innovation régionale notamment sur les processus de réutilisation des eaux usées traitées, l’optimisation des systèmes d’irrigation et le renforcement d’un Pôle de formation des métiers de l’eau (action 34). Aquanova a organisé en 2023 un Aquathon et en organisera un second du 7 au 9 novembre 2025 à l’Hôtel de Région de Strasbourg. Durant 48H, en équipe pluridisciplinaire d’étudiants, professionnels et experts passionnés travaille pour donner vie à des projets et prototyper des solutions notamment en matière de gestion de l’eau. La thématique générale de l’édition 2025 est : « s’adapter au changement climatique »
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13. Intégrer le facteur « eau » dans la réflexion sur les implantations futures des nouvelles entreprises tant sur l’aspect qualitatif que quantitatif (Plan régional de relocalisation – Star’est).
Bilan 2023-2025 : La liste des zones d’activités est établie et l’élaboration d’une stratégie foncière économique en cours avec un axe visant à favoriser les démarches de compactage et de montée en gamme des sites.
Transports
14. Lancer un Groupe de Travail « transitions » avec un panel représentatif des 86 sociétés de transport régionales pour traiter de la contribution du secteur à l’atténuation et adaptation aux changements climatiques et à l’amélioration à la qualité de l’air qu’il s’agisse du matériel roulant (climatisation, motorisation) et des bâtiments et infrastructures (bâtiment bureau et exploitation, de maintenance-dépôt, de lavage) et travailler d’ici fin 2023 à l’écriture d’une Feuille de route à horizon 2050.
Bilan 2023-2025 : L’action est en cours d’engagement et les sociétés de transport informées du travail à venir.
15. Réaliser un audit de la situation des bâtiments et des infrastructures sur les sites des transporteurs avec un état des lieux (recensement de la location des sites, des bâtiments, de l’aire de stationnement, de la contractualisation (locataires ou propriétaires) et des contraintes techniques et réglementaires environnants)), et des propositions d’actions (capacité de récupération d’eau sur les toitures des bâtiments et dépôts de maintenance pour alimenter les stations de lavage des véhicules et pour l’installation de panneaux photovoltaïques (autoconsommation) ; réalisation de végétalisation ou autre pour l’ombrage de la zone de stationnement et de sa perméabilisation avec un accompagnement financier issu d’un dispositif RGE – ACC).
16. Mettre en œuvre les évolutions du Dispositif d’Intervention Régional Intermodalité Grand Est (aménagements de pôles d’échanges multimodaux) approuvées en 2023. Bonification du soutien au-delà des exigences de la Loi Climat et Résilience pour des travaux et aménagements contribuant à la lutte contre l’imperméabilisation et les ilots de chaleur urbain des PEM (traitement en infiltration et végétalisation des parkings, parvis de gare, des accès voies vertes et cyclables). Le Grand Est compte 398 points d’arrêt ferroviaire potentiellement concernés.
Bilan 2023-2025 : 17 gares ayant fait l’objet d’un conventionnement en vue de réaliser des travaux d’aménagements intermodaux répondant au règlement DIRIGE modifié en 2023 (travaux terminés, en cours, ou à venir) : Pompey, Vendeuvre-sur-Barse, Epernay, Blainville-Damelevières, Longwy, Belleville, Lutzelbourg, Mundolsheim, Contrexéville, Gundershoffen, Strasbourg, Vendenheim, Ludres, Nancy, Illkirch-Graffenstaden, Rouffach et Igney-Avricourt.
Nouveautés 2025 : Pour adapter les process, les pratiques et les financements pour mieux anticiper et gérer les crises, 4 nouvelles actions sont proposées :
Mettre en place des bilans annuels et partagés de l’impact de l’adaptation sur l’offre de transport
Alors qu’un certain nombre de retards ou de suppressions ont comme origine un aléa climatique, il importe de renforcer la capacité d’analyse de ses crises, en partenariat avec SNCF Réseau. En effet, bien que la Région dispose de certaines données, il n’existe pas d’analyse conjointe et partagée avec les gestionnaires d’infrastructures. Ceci est également vrai s’agissant des routes.
La mise en place d’un bilan annuel, partagé avec l’ensemble des acteurs, et notamment les services d’incendie et de secours, permettrait ainsi de tracer systématiquement les aléas, leur positionnement temporel et spatial, et leur impact sur l’offre.
Mettre en œuvre des solutions « sans regret » pour renforcer la résilience des transports à court terme et à moindre coût
Si l’adaptation des mobilités nécessite des actions lourdes et coûteuses, certaines actions déployables plus rapidement et à moindre frais peuvent être mises en place. Ces mesures, qui résulteront notamment du guide des bonnes pratiques issu du diagnostic, permettront de rehausser le niveau de résistance des composants (peindre le toit en blanc, mettre des filtres UV sur les fenêtres), tout en renforçant le confort des usagers (installation de climatisation dans les cars).
Intégrer dans les comités usagers la question de l’adaptation au changement climatique
Dès lors que l’adaptation au changement climatique regroupe les actions permettant aux voyageurs de mieux vivres leurs mobilités face à un climat déréglé, la mise en œuvre de ces mesures ne peut se faire sans eux. Les différents comités en lien avec les usagers intégreront donc ces questions d’adaptation et de résilience au sein de leur ordre du jour.
Ces temps d’échanges avec les usagers pourront permettre de recueillir leur avis, notamment sur le niveau de service à maintenir au cours d’un aléa climatique, tout en leur partageant les données issues des bilans annualisés sur l’impact du changement climatique.
Utiliser les dispositifs d’accompagnement aux Autorités Organisatrices de la Mobilité pour renforcer l’adaptation au changement climatique (études mobilités, versement subventions) :
La Région souhaite utiliser ses dispositifs d’accompagnement aux AOM comme un levier pour renforcer la prise en charge de l’adaptation au changement climatique. D’une part, alors que la Région finance les études de mobilités, elle souhaite ouvrir le champ des études finançables pour intégrer celles relatives à l’adaptation au changement climatique. D’autre part, la Région souhaite faire évoluer ses subventions actuelles, qu’elles concernent le financement d’études ou la réalisation de travaux, afin de mieux prendre en compte des objectifs d’adaptation au changement climatique.
En introduisant des critères d’éligibilité spécifiques, la Région peut ainsi orienter les projets des AOM vers des solutions adaptées (utilisation de matériaux résilients, intégration de solutions basées sur la nature, etc.).
17. Sensibiliser les autorités organisatrices de la mobilité aux enjeux de l’adaptation dans le cadre de leurs projets d’aires de covoiturage et cyclables en lien avec le plan vélo et l’intégration dans le dispositif de soutien aux infrastructures cyclables des critères de bonification environnementale à la préservation des boisements originels ou à la création de nouveaux boisements avec des essences adaptées aux évolutions climatiques projetées, ainsi qu’à la promotion de matériaux de construction afin de minimiser les effets d’îlot de chaleur et assurer l’infiltration des eaux pluviales sur site.
Bilan 2023-2025 : L’action est en cours d’engagement.
Nouveauté 2025 : Pour sensibiliser et embarquer les partenaires de la Région, il est proposé une nouvelle action :
Utiliser les bassins de mobilités pour embarquer l’ensemble du territoire dans la démarche
L’adaptation au changement climatique ne peut être obtenue par l’action d’un seul acteur. En tant que cheffe de file des mobilités, la Région souhaite mobiliser l’ensemble des Autorités organisatrices de la mobilité vers des solutions de mobilités plus adaptées. Pour cela, elle propose d’en faire un des leviers des bassins de mobilités, en intégrant notamment cette question dans les contrats opérationnels de mobilités.
Cohésion des territoires
18. Soutenir les initiatives des collectivités via les dispositifs de soutien à l’aménagement du territoire pour aider à construire et rénover des bâtiments et à aménager les espaces urbains et ruraux en tenant compte du climat futur (végétalisation, desimperméabilisation, confort d’été, etc.) plus particulièrement dans les territoires peu et très denses.
Bilan 2023-2025 : 426 projets de désimperméabilisation et/ou gestion intégrée des eaux de pluie aidés au titre du dispositif ‘Adaptation au changement climatique : anticiper le manque d’eau’ (entre le 1er juin 2023 et le 30 juin 2025, 21,8M€ d’aides régionales accordées). 964 413m2 (l’équivalent de137 terrains de foot) sont désimperméabilisés et/ou bénéficient d’une gestion intégrée des eaux de pluie.
19. Engager la réalisation de 200 résidences d’architecture et d’urbanisme durable. Elles constitueront sur chaque territoire des sites vitrines de rénovation intégrant les enjeux du changement climatique.
Bilan 2023-2025 : 43 résidences d’architecture et d’urbanisme durable ont été conduites par les Parcs naturels régionaux, avec le soutien de la Région, dans des communes de leurs territoires, ou par la Région dans le cadre d’un accompagnement spécifique. Un bilan a été réalisé les 26 et 27 septembre 2025 à Chamery (51), sur le site d’une des résidences. A titre d’illustration, la résidence d’architecture de Soultzbach-les-Bains est emblématique de l’intégration de solutions d’adaptation telle que la végétalisation et d’une logique participative.
20. Dans le massif des Vosges :
– Favoriser l’émergence de sites démonstrateurs de nouvelles approches ou technologies de régulation des flux en s’appuyant sur un benchmark de ce qui se fait en France et à l’étranger
– Construire avec les collectivités concernées un plan d’aménagement visant à rendre moins confortables l’accès en voiture et la circulation
– Construire avec les instances du Massif des Vosges, les Agences de l’Eau et l’ensemble des acteurs du territoire concernés un plan opérationnel de gestion durable de la ressource en eau à l’échelle du Massif visant notamment à répondre aux besoins de la population locale.
Bilan 2023-2025 : la Région a lancé un appel à projet pour financer l’achat d’éco-compteurs dans le Massif des Vosges et soutenu plusieurs initiatives territoriales afin d’enrichir la connaissance et améliorer la gestion des fréquentations dans les espaces naturels.
Nouveautés 2025
Accompagnement sur mesure de 60 communes souhaitant proposer un soutien aux populations particulièrement exposées aux fortes chaleurs dans le Massif des Vosges
Cette action vise à accompagner 60 communes du Massif des Vosges (20/an sur 3 ans) dans l’élaboration de plans locaux pour protéger les populations vulnérables (personnes âgées, isolées, précaires) lors des épisodes de fortes chaleurs, en anticipant les risques sanitaires liés au réchauffement climatique accéléré en montagne. Une ingénierie sur mesure (méthodologique, technique, participative) sera proposée aux communes pour co-construire des solutions adaptées (sites de fraîcheur, équipements de rafraîchissement, alertes, solidarités locales), en s’appuyant sur des ateliers de sensibilisation, des formations et des outils de concertation.
Accompagnement de porteurs de projets d’adaptation au changement climatique dans le Massif des Vosges
Afin de mettre en œuvre le Plan d’Adaptation au Changement Climatique du Massif (PACC) des Vosges, la Région proposera à compter de 2026 un accompagnement des porteurs de projets volontaires, en particulier pour les Situations Concrètes et Complexes identifiées dans le PACC. Cet accompagnement, prévu pour 3 à 6 projets, permettra d’accélérer et concrétiser l’adaptation du Massif, soit en ingénierie opérationnelle pour la réalisation d’études, soit en accompagnement méthodologique de maximum 30 jours sur une durée maximale de 3 ans.
21. Limiter l’étalement urbain et accompagner les collectivités dans l’intégration de la trajectoire définie par le SRADDET pour atteindre l’objectif d’absence de toute artificialisation nette en 2050. Développer les actions de pédagogie et de formation (notamment via la plateforme régionale du foncier et de l’aménagement durable et l’Institut Régional de Formation des Elus du Grand Est) pour un renouvellement de l’aménagement des territoires et le développement de stratégies foncières à moyen et long termes permettant de répondre aux besoins des territoires tout en limitant l’étalement urbain et l’artificialisation des sols. Soutenir les actions des territoires souhaitant faire de la lutte contre l’artificialisation des sols et l’étalement urbain et de la renaturation des sols des axes majeurs de leurs stratégies d’aménagement.
Bilan 2023-2025 : La Région Grand Est a engagé la modification du Schéma régional d’aménagement, de développement durable et d’égalité des territoires, dénommé « Grand Est Territoires ». Elle a souhaité que cette 1ère évolution soit imprégnée d’une préoccupation transverse : l’adaptation au changement climatique.
La Région a fait appel au réseau des 7 agences d’urbanisme du Grand Est (7Est) pour analyser le SRADDET, faire des propositions de compléments pour renforcer l’adaptation au changement climatique, et pour valoriser les démarches d’adaptation exemplaires dans la région.
L’adaptation au changement climatique est le fil rouge de la modification du SRADDET en cours et se traduit notamment par la mise à jour de la cartographie de la Trame Verte et Bleue (TVB) à l’échelle régionale, l’intégration d’une nouvelle règle sur les paysages, l’identification des zones humides dans les documents de planification et la prise en compte de la disponibilité en eau présente et à venir
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22. Déployer l’Agence Régionale de Transition Ecologique (ARTE), comme un des outils pour optimiser l’usage des sols, et assurer les compensations foncières, écologiques et carbone dans le respect de la stratégie Eviter Réduire Compenser.
Bilan 2023-2025 : La gouvernance de cette démarche renommée Grand Est Transition Compensation (ex- Agence régionale des transitions) est en place et 2 chargés de mission ont été recrutés. La Région a aussi réalisé deux études de préfiguration (Action 22). La première avait pour objectif de définir le dispositif d’appui à la mise en œuvre du ZAN et la préservation de la biodiversité (séquence éviter-réduire-compenser) et dans le cadre de la seconde, les acteurs mobilisés se sont intéressés au dispositif régional de développement de la contribution volontaire à la neutralité carbone et aux services environnementaux. Elle a organisé le 8 octobre 2025 un forum des Solutions – Grand Est notamment pour présenter des exemples de territoires qui réussissent à concilier développement et préservation, des solutions de financement adaptées et innovante, des témoignages d’entreprises et d’agriculteurs qui inventent de nouveaux modèles.
Gestion durable de l'eau
23. Engager un programme de stockage et de réutilisation des eaux pluviales et eaux usées traitées par les particuliers, entreprises, agriculteurs et collectivités. Appui aux interconnexions de réseau d’alimentation en eau potable structurantes à l’échelle régionale. Aide conditionnée à la clause de réciprocité économique. Développer une filière régionale de recyclage des conduites en fonte et accompagner la recherche sur le renouvellement des réseaux de canalisation via une chaire ENGEES dédiée.
Bilan 2023-2025 : La Région a poursuivi son soutien à l’acquisition et installation d’équipements de récupération des eaux pluviales (entreprises, agriculteurs, collectivités). Ce soutien a permis le développement de capacités de stockage des eaux de pluies de 19 005m3 (équivalent de 7 piscines olympiques) (Action 24)
Elle a voté un nouveau dispositif de soutien aux études et travaux visant à sécuriser l’accès à l’eau potable pour les collectivités rurales.
Elle a aussi soutenu la création de la chaire REFONDDRE par l’ENGEES et Saint-Gobain PAM Canalisation, dédiée à la recherche dans la durabilité des réseaux d’eau potable (Action 23). Il s’agit de prioriser et accélérer le renouvellement des réseaux régionaux, de développer des modèles d’économie circulaire réutilisant la fonte issue de tels chantiers.
24. Favoriser le stockage naturel de l’eau dans les sols et zones humides : en milieu urbain généraliser la désimperméabilisation, en milieu rural préservation et restauration des milieux naturels (zones humides, ripisylves, etc) qui permettent le stockage de l’eau. Préserver et restaurer nos zones humides : éponges et climatiseurs naturels notamment via le réseau de sites RAMSAR régionaux et de zones humides classées Natura 2000. Améliorer les capacités des sols à retenir l’eau : réserves utiles, tassement des sols, agroforesterie, drainage, couverts végétaux et taux de matière organique. Objectif SRADDET : zéro perte nette de zones humides.
Bilan 2023-2025 : La Région a engagé une étude cadre sur les sols pour évaluer et cartographier leurs réserves utiles et mieux connaître la fonction éponge des sols.
Elle a poursuivi son soutien aux gestionnaires d’espaces naturels et gestionnaires de la ressource en eau pour des travaux de restauration de milieux aquatiques, notamment dans les sites Natura 2000.
La Région a ainsi accompagné 91 contrats Natura 2000 depuis sa prise de compétence dont des contrats pour des travaux d’entretien ou de restauration de milieux humides. Dans le cadre de sa politique Réserves naturelles régionales, elle a soutenu la réalisation de travaux de restauration de la tourbière des Charmes et prospecte en Grand Est pour le classement de nouveaux sites : une tourbière dans le massif des Vosges, un marais en Lorraine, une zone humide en vallée alluviale en Champagne. D’autres dispositifs contribuent à maintenir et restaurer le réseau de mares en Grand Est (AMI TVB, Mon village espace de biodiversité, FEADER, restauration des milieux aquatiques).
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Au travers de ses aides dans les domaines de l’aménagement du territoire, de la préservation des ressources en eau, de la jeunesse et des sports, des surfaces ont été désimperméabilisées au profit de la recharge des nappes, du rafraichissement des zones urbaines et de l’amélioration de la biodiversité.
25. Financer les projets pour optimiser les infrastructures hydrauliques existantes : plans d’eau (étudier les possibilités de soutien d’étiage ou réserve incendie), canaux VNF (réduction des fuites, gestion multi-usage stockage, transfert), barrages (rehausse des digues). Soutenir les études de faisabilité de nouvelles infrastructures de stockage multi-usages dans les secteurs en tension à l’horizon 2050 (Meuse, Marne amont, Moselle, massif vosgien, etc.). Caractériser et cartographier des ressources en eau structurantes pour l’avenir du Grand Est (Rhin, Bassin minier, massif vosgien, lacs de Seine, etc.) et étudier la faisabilité de transfert et maillage vers les zones déficitaires dans le cadre des Commissions locales de l’Eau des grands bassins versants. Optimiser le devenir des eaux d’exhaure sur le bassin houiller (portage de l’étude pour le SAGE Bassin Houiller).
Bilan 2023-2025 : La Région a engagé deux études en la matière :
– Une étude structurante à l’échelle du Grand Est sur la caractérisation des masses d’eau, des potentiels de rétention, de transfert et de stockage d’eau ;
– Une étude sur le devenir des eaux d’exhaure sur le bassin houiller.
Nouveauté 2025
Accompagnement des actions d’optimisation, transfert et stockage d’eau par un appel à projets. L’objectif est d’accompagner les maîtres d’ouvrage pour la mise en oeuvre des solutions identifiées dans le cadre de l’étude relative à la caractérisation des masses d’eau, des possibilités de rétention, stockage et transfert. L’ambition est d’optimiser les infrastructures hydrauliques existantes et optimiser les possibilités de recharge de nappe afin d’accroître la résilience du territoire. Cette action sera complétée par une amélioration et des travaux en faveur de la préservation des lacs et plans d’eau régionaux pour répondre aux différents usages (baignade, pisciculture, irrigation, milieux) qui, dans un contexte de changement climatique, seront de plus en plus prégnants.
26. Accélérer le passage des études aux travaux de protection contre les inondations, sur les 15 PAPI (Plans d’actions et de prévention des inondations du Grand Est) : Renforcement des digues structurantes du territoire : digue canal Marne, Der, Givet, Erstein, Seine Troyenne, Rhin…, Identification des ouvrages orphelins (digues/barrages) en 2024 et recherches de portage locaux pour y répondre, à défaut maitrise d’ouvrage régionale. Appui accru aux ouvrages et actions de lutte contre le ruissellement.
Bilan 2023-2025
Un dispositif dédié à la prévention et à la gestion des inondations permet de financer les projets visant à ralentir les écoulements et à réduire les dommages causés aux personnes et aux biens par les inondations avec un taux d’intervention renforcé pour les mesures de ralentissement des écoulements lorsque les opérations envisagées incluent des solutions d’hydrauliques douces ou des travaux de désimperméabilisation.
Entre juin 2023 et juin 2025 : 5,6M€ de subventions ont été accordées pour la réalisation de travaux de protection contre les inondations sur plusieurs des 15 PAPI (Plans d’actions et de prévention des inondations) du Grand Est).
En juin 2025, la Région Grand Est a réuni, au titre de sa compétence “animation concertation dans le domaine de l’eau”, l’ensemble des structures porteuses de PAPI ainsi que les services de l’Etat pour partager des retours d’expérience pour favoriser le passage à l’action. A ce jour, 6 des 16 PAPI sont mis en œuvre.
27. Consolider la gouvernance régionale de l’eau autour d’un observatoire de l’eau du Grand-Est, d’une assemblée régionale de l’eau (intersectorielle : transport, aménagement, formation, agriculture…), d’un groupe technique régional de l’eau : ARS, Région, DREAL, AE, DRAAF, à l’instar du collectif régional Biodiversité. Organisation de rencontres régionales de l’eau tous les 2 ans, travail sur la mutualisation et communication partagée sur certains dispositifs communs avec les Agences de l’eau : soutien aux entreprises, filières agricoles, désimperméabilisation, trame verte et bleue, etc.
Bilan 2023-2025
La Région a renouvelé un accord de partenariat avec les 3 agences de l’eau.
L’observatoire régional de l’eau est en cours de déploiement. Il permettra de centraliser l’ensemble des données relatives aux ressources en eau et aux usages associés, et d’extraire les données à l’échelle de travail souhaité pour favoriser la prise en compte des enjeux “eau” dans les différentes démarches de planification à des échelles locales.
Les Rencontres Régionales de l’Eau, organisées au lac de Madine le 22 octobre 2024 ont réunis 350 participants sur le thème : « Il n’y a plus de saisons ! Comment sécuriser tous les usages de l’eau ? ». Elles ont permis de dresser une photographie des ressources en eau et de réfléchir à leur renforcement (économies d’eau, solutions fondées sur la nature, évolution des ouvrages existants ainsi que des rencontres locales de l’eau pour présenter des expériences inspirantes. Ont suivi 12 Rencontres Locales de l’Eau en mai et juin 2025 pour prendre connaissance de réalisations contribuant à la préservation des ressources hydriques en Grand Est.
28. Poursuivre les plans Rhin vivant et Meuse et étendre ces plans à la Moselle et la Marne : mise en place d’une commission locale de l’eau à l’échelle du bassin versant de la Moselle pour le partage des informations, des études menées pour une évolution du SAGE bassin ferrifère vers un SAGE Moselle. Constitution d’une CLE sur la Marne. Création d’un SAGE sur la nappe de la craie et constitution d’un contrat de nappe – portage régional.
Bilan 2023-2025
La Région conduit les travaux de préfiguration d’un futur Schéma d’aménagement et de gestion des eaux de la nappe de la Craie. Un chargé de mission a été recruté et les réunions de concertation engagées.
La Région, en partenariat avec l’Agence de l’eau Rhin Meuse, réunit deux fois par an depuis 2023 le Forum des acteurs de la Moselle et a engagé avec ses partenaires (Agence de l’eau Rhin Meuse, Départements de la Moselle, de la Meurthe et Moselle et des Vosges) un nouvel appel à projet « La Moselle en Commun » pour soutenir des initiatives de valorisation du cours d’eau de la Moselle (et ses affluents) et de ses usages. Le Plan Moselle vise à accélérer les transitions, développer des projets autour de l’axe Moselle allant au-delà des seuls enjeux « milieux aquatiques ». Il permet d’engager une dynamique et un partage de connaissances et d’expériences sur la totalité du bassin versant, garantissant l’implication et la concertation des usagers, l’émergence d’une culture commune et des projets innovants répondant aux enjeux d’aménagement et de développement durable en lien avec la Moselle.
Sur le Rhin, le déploiement du Plan Rhin Vivant s’est poursuivi.
Biodiversité
29. Encourager et apporter un soutien aux projets de restauration des milieux naturels particulièrement vulnérables et porteurs de solutions fondées sur la nature (prairies, étangs, tourbières, etc.). A l’instar du pôle de gestion technique initié par le projet LIFE Biodiv’Est, étudier le développement, à terme d’un pôle de restauration des milieux à l’échelle du Grand Est.
Bilan 2023-2025 : L’action est engagée. Les conventions renouvelées avec les Conservatoires d’espaces naturels intègrent la préfiguration d’un nouvel axe d’intervention sur la restauration des milieux naturels, au-delà de leurs missions historiques de connaissance, gestion, préservation et sensibilisation.
Nouveauté 2025 : Intégrer, à l’occasion des révisions de DOCOB des 228 sites Natura 2000 sous compétence régionale (15 révisions par an), des mesures prenant en compte les effets du changement climatique. Le réseau Natura 2000 (15% du territoire régional), par son animation et ses documents d’objectifs (chartes, contrats) contribue aux efforts d’atténuation et d’adaptation.
30. Accompagner la labellisation de nouvelles méthodes bas carbone (prairies permanentes, étangs, tourbières, etc.) et l’identification de gisements de projets dans le cadre des compensations écologiques, carbones voire foncières de la séquence Éviter Réduire Compenser.
Bilan 2023-2025 : L’action s’est réorientée. Une collaboration avec Carbone 4 et le Museum National d’histoire naturelle se dessine pour expérimenter, en Grand Est, une nouvelle méthode de financement : les crédits biodiversité qui, comme les crédits carbones, viendront soutenir les efforts réalisés pour renforcer la biodiversité.
31. Mobiliser 65 associations d’Éducation à l’environnement sur le thème de l’adaptation au changement climatique et réaliser un outil itinérant de sensibilisation à la vulnérabilité au changement climatique dans le Grand Est : maquette/exposition pédagogique et itinérante.
Bilan 2023-2025 : La Région a apporté son soutien à la diffusion des Cahiers de l’ARIENA sur l’adaptation au changement climatique « défi climatic-tac » (Action 31) et recherché un financement à travers la candidature Life pour une maquette et d’autres outils pédagogiques : cartes illustrées notamment.
Energie, climat, économie circulaire
32. Bonifier les dispositifs Climaxion pour intégrer le confort d’été dans la rénovation du bâti. Elargir les publics bénéficiaires au domaine du médico-social (notamment EPHAD) et accompagner la montée en compétences de la filière en la matière (recherche, animation, formation).
Bilan 2023-2025 : La Région a lancé un appel à projets « Rénovation exemplaire pour le bien vieillir en Grand Est ». Les rénovations accompagnées intègreront les enjeux « eau », « confort d’été », et une sensibilisation aux enjeux végétalisation et biodiversité (2024-2025). Elle a intégré des exigences sur le confort d’été (notamment protections solaires) pour tous les dispositifs 2025 de soutien à la rénovation énergétique : logements sociaux, bâtiments publics et associatifs, copropriétés. Elle a aussi soutenu Envirobat Grand Est dans l’organisation de journées de sensibilisation des élus locaux sur l’adaptation au changement climatique des bâtiments. Avec le réseau Envirobat et le Cerema, elle a construit une proposition d’action pour le projet Life.
33. Renforcer la coopération avec les partenaires et relais régionaux pour accompagner les entreprises via le parcours de transformation (accompagnement type « Clim’Ability » sur tout le Grand Est, création de contenus communication, etc.).
Bilan 2023-2025 : La Région a soutenu la création d’un module d’accompagnement « Climat », dont l’opérateur est la CCI Grand Est, autour de plusieurs outils adaptés à la maturité de l’entreprise : webinaires et visite climat (sensibilisation), Climat diag expert (diagnostic et ébauche de feuille de route), et prochainement d’autres outils. La thématique de l’adaptation a également été intégrée à la rencontre régionale annuelle du réseau CollECtif (économie circulaire en Grand Est) organisée en mars 2024. 52 entreprises ont été accompagnées.
Formation, jeunesse, sport, engagement
34. Réaliser une cartographie des formations initiales ajustées aux enjeux de l’eau et communiquer sur les métiers de l’eau (y compris vers le grand public) avec le soutien des entreprises partenaires (création d’une vidéo immersive sur les métiers de l’eau en partenariat avec la région académique Grand Est, information des collégiens sur l’offre de formation du secteur afin de susciter des vocations, mise en place d’infographies sectorielles, etc.)
Bilan 2023-2025 : La cartographie des formations initiales a été réalisée dans le cadre du DAS Eau. Un atelier sectoriel dédié aux métiers de l’eau a été organisé par la direction de l’attractivité des métiers et des formations en avril 2025. Il avait vocation à faire connaître les métiers de l’eau aux prescripteurs de l’emploi (type France Travail, missions locales…). Il a été organisé en partenariat avec Aquanova, Véolia, Artelia, le syndicat des eaux et de l’assainissement d’Alsace-Moselle ou encore Odyssée environnement.
35. Ajuster l’offre de formation continue pour les demandeurs d’emploi avec ajout de plusieurs modules dédiés à l’eau ou aux enjeux environnementaux dans les formations relevant des secteurs d’activités les plus directement concernés (agriculture-viticulture, BTP, industrie)
Bilan 2023-2025 : L’action est en cours d’engagement. Le fonctionnement des commandes de formation a été requestionné 2025. Des solutions sont recherchées pour intégrer en 2026 des modules de sensibilisation dans les formations relevant des actions sur mesure dans l’industrie, le BTP et l’agriculture représentant un potentiel de formation de 300 demandeurs d’emploi.
36. Organiser des travaux participatifs, le recensement des actions et la sensibilisation des ligues sportives pour que les disciplines deviennent plus vertueuses et résilientes. Pour se faire, s’appuyer sur l’étude innovante de data analyse des sites et itinéraires de pratiques sportives en milieu naturel Outdoorvision projetée par le Comité Régional Olympique et Sportif et les expérimentations telles que le projet SLICE porté par la Ligue de Tennis (objectif de baisse généralisée de l’impact carbone pour tous les clubs du Grand Est d’ici à 2025). Une journée de sensibilisation et un webinaire seront menés en fin d’année 2023.
Bilan 2023-2025 : La Région a organisé et soutenu l’organisation de webinaires et d’une rencontre régionale des têtes de réseau sportives pour partager des bonnes pratiques, apporter une sensibilisation au climat en partenariat avec le CROS
Nouveauté 2025 :
Pour aller plus loin dans cette action, la Région s’appuiera sur les orientations du Projet Sportif Territorial (PST) du Grand Est validé le 29 septembre 2025 en Conférence régionale du sport, instance de concertation entre l’Etat, le mouvement sportif et les collectivités territoriales, structuré autour de 3 axes complémentaires et interdépendants :
- Acculturer, sensibiliser et outiller le mouvement sportif à l’adaptation au changement climatique : appel à projets, mise en place de 80 ateliers et formation de 10 référents départementaux sur le territoire. Le Comité Régional Olympique et Sportif (CROS) sera la cheville ouvrière de cet axe. Il est à noter que la DRAJES a validé le principe d’une subvention à hauteur de 66 000€ sur les crédits de l’Agence Nationale du Sport 2025 pour soutenir l’axe 1 de ce projet partenarial.
- Créer un évènement dédié itinérant dans les Parcs Naturels Régionaux (PNR) du Grand Est afin de promouvoir un tourisme sportif durable et valoriser nos territoires naturels
- Accompagner les structures sportives dans leurs démarches RSO en partenariat avec l’AFDAS (Assurance Formation Des Activités du Spectacle : opérateur de compétence qui finance et accompagne la formation professionnelle dans le secteur de la culture et du sport).
37. Renforcer les critères d’éco-ambition sur les aides régionales aux investissements sportifs afin d’engager les maitres d’ouvrages à réaliser des équipements qui intègrent des enjeux d’atténuation et d’adaptation au changement climatique (économies d’eau et récupération eau de pluie, confort d’été, énergies renouvelables, etc). Pour les aides aux investissements sportifs et l’appel à projets pour l’aménagement de pumptracks, évaluer un élargissement des dépenses éligibles aux aménagements extérieurs contribuant à la résorption d’ilots de chaleurs, à la recharge de nappe, et au confort des usagers potentiellement sensibles comme les enfants. Il s’agira de considérer les espaces verts voire les stationnements intégrant végétalisation, plantations d’arbres, infiltration à la parcelle et désimperméabilisation.
Bilan 2023-2025 : A l’occasion de la commission permanente de juin 2024, la Région a modifié
Cuture, tourisme
38. Renforcer le Fonds d’investissement spécifique « transition énergie culture » mis en place en 2023.
Bilan 2023-2025 : Cette action est terminée.
Le fonds a été engagé en 2023 et consommé jusqu’en fin 2024. 57 projets ont été aidés et 5,5M€ d’aides attribuées. Les structures culturelles professionnelles ont été aidées pour des travaux d’économie d’énergie et d’amélioration de la performance énergétique, pour des équipements de mobilité, la réalisation de bilans carbone, mais aussi l’installation de de compteurs et systèmes de pilotage intelligents (eau-électricité). Une évaluation a été menée en 2025. Il en ressort un besoin d’accompagnement des structures culturelles en ingénierie de projet et en ingénierie financière sur ces questions de transition écologique et d’adaptation au changement climatiques.
39. Renforcer les critères d’éco-ambition pour les investissements culturels afin d’engager les maitres d’ouvrages à intégrer des enjeux d’adaptation au changement climatique (confort d’été, risques sur le patrimoine et les œuvres, économie d’eau).
Bilan 2023-2025 : Les 56 dispositifs régionaux en faveur du patrimoine et de la culture ont intégré des clauses environnementales (nature des projets, sélectivité des projets, nature des dépenses) lors de leur révision en juin 2024.
40. Poursuivre le mouvement de révision des dispositifs de soutien au tourisme en Grand Est engagé en 2021 et renforçant la prise en compte des enjeux environnementaux (audit énergétique et labellisation environnementale exigés pour les projets d’hébergement, appel à projets tourisme durable lancé en 2022). La révision en cours du SRDT permettra d’affiner le niveau d’exigence attendu (économie d’eau, artificialisation, biodiversité, adaptation au changement climatique notamment).
Bilan 2023-2025 : Lors des commissions permanentes de janvier, juin et septembre 2024, plusieurs dispositifs ont intégré des clauses environnementales : Dispositifs « hébergements touristiques », Dispositif évènementiels, « Attractivité touristique du Territoire », « Thermalisme et bien-être », « Tourisme patrimonial et Tourisme de Savoir-faire », « Stations de montagne ». L’appel à projet n°2 Tourisme Durable intègre également des écoconditions renforcées. Les équipes de la Direction du tourisme se sont également formées aux questions de transition écologique et d’adaptation au changement climatique.
Santé
41. Accompagner des établissements de soins en promouvant l’écoresponsabilité dans les pratiques de soins au sein des établissements de santé et en les accompagnant dans les projets d’investissement concourant à l’adaptation au changement climatique (Hôpital du Futur).
Bilan 2023-2025 : La Région a accompagné 2 centres hospitaliers dans le cadre de l’appel à projet Hôpital du Futur, 2 pour des projets de résilience climatique :
- le CHU de Nancy pour l’acquisition de douches hydromoléculaires : cette technologie permet de prodiguer une douche complète avec seulement 500 ml d’eau et une solution lavante sans rinçage, offrant ainsi une économie substantielle d’eau et d’énergie par rapport aux douches conventionnelles qui nécessitent en moyenne 12 litres d’eau
- les Hôpitaux du Massif des Vosges pour l’amélioration de la performance d’un bâtiment d’une surface de 30 443 m² en intégrant un matériau biosourcé dans l’isolation de la façade pour faire face aux épisodes de canicule de manière passive, des casquettes solaires et l’utilisation d’une station météo pour optimiser le refroidissement du bâtiment.
42. Soutenir l’investissement pour la détection des fuites et équiper prioritairement 50 établissements de santé (hôpitaux, Ephad, etc.) volontaires en outils de détection des fuites et compteurs communiquant. Il s’agira également d’engager un travail avec un ou plusieurs de ces établissements sur le monitoring des consommations d’eau et l’amélioration des usages.
Bilan 2023-2025 : La Région a accompagné 2 centres hospitaliers universitaires pour la réalisation d’audits hydriques.
43. Apporter un soutien aux collectivités dans la mise en œuvre de projets d’Urbanisme Favorable à la Santé (UFS), en lien avec les actions du PRSE4.
Bilan 2023-2025 : La Région a contribué à l’organisation d’un webinaire le 03 juin 2024 dans le cadre de la plateforme régionale du foncier. Elle a suivi le lancement d’un appel à projet Urbanisme favorable à la santé par l’ARS dans le cadre du PRSE4. Cette dimension d’urbanisme favorable à la santé a aussi été intégré dans l’AAP urbanisme durable de la Région et dans le projet Life ADAPT’EST (une action dédiée).
Transfrontalier, international et Europe
44. Organiser des échanges et des missions croisées (en visioconférence puis sur le terrain) suivies de projets pérennisant les partenariats avec des Régions partenaires en Europe et à l’International. Ces régions sont pour certaines d’ores et déjà concernées par des phénomènes qui toucheront le Grand Est à l’avenir ou ont développé des solutions d’avant-garde et des approches inspirantes comme le Québec (verdissement des villes, agroforesterie), le Maroc (urbanisme, eau, etc.), le Bénin (forêt), et le Sénégal (eau et assainissement).
Bilan 2023-2025 : L’action est pleinement engagée. La dynamique est là. L’écosystème des acteurs régionaux est mobilisé tout comme Grand Est Europe.
A titre d’exemple, un nouveau projet de partenariat a été approuvé avec le Québec et soutenu par le Ministère de l’Europe et des Affaires étrangères. Deux missions ont d’ores et déjà été réalisées sur l’hydrogène, la bioéconomie et une troisième est prévue sur la forêt début 2026. Pour le Maroc, le projet est approuvé. Il bénéficie du soutien de l’Agence Française de Développement AFD. S’agissant du Sénégal, le projet a été soutenu par l’Agence de l’eau Rhin Meuse et est réalisé dans sa globalité. Plusieurs écoles et établissements communautaires ont désormais accès à l’eau et à l’assainissement. Des réflexions sont en cours pour une phase 2. Les études de diagnostic sont également en cours concernant le projet avec le Bénin sur le thème de la biodiversité, des forêts et des aires protégées. Enfin, un nouveau projet sur la gestion intégrée des eaux de pluie au Togo a été déposé et des échanges et missions organisés avec la Pologne et avec le canton de Fribourg (Suisse) sur les questions de transition et de bioéconomie.
45. Axer les nouveaux programmes Interreg sur la connaissance, et notamment sur le changement climatique dans le cadre des Commissions Internationales de la Meuse, de la Moselle et du Rhin. Participer aux groupes « changement climatique » de ces commissions.
Bilan 2023-2025 : Sur la programmation en cours, 24 projets INTERREG traitent d’adaptation au changement climatique de manière très variée : adaptation des filières (élevage, viticoles, grandes cultures, tourisme), protection des populations vulnérables avec par exemple le projet INTERREG ADAPT qui vise à mettre en place un système de surveillance et d’alerte en cas de canicule dans les bâtiments où se trouvent des personnes vulnérables, et la conception d’outils participatifs pour imaginer les paysages de demain.
La Région a directement soutenu plusieurs projets :
- INTERREG Greta pour le développement d’outils pour une gestion quantitative de l’aquifère rhénan, et des connaissances sur les liens entre la nappe et les écosystèmes, avec une évaluation de leur vulnérabilité sous climat actuel et futur ;
- INTERREG Rhinaissance 2.0 porté par la Région pour la planification de la restauration écologique du Rhin entre le Vieux Rhin et le Taubergiessen ;
- INTERREG HydroSoilWise pour agir sur la fonction éponge des sols agricoles.
La Région Grand Est a choisi de ne pas être spectatrice mais d’agir pour faire face au changement climatique.
Depuis l’adoption de sa première Feuille de route d’accélération de l’adaptation au changement climatique, en 2023, elle se prépare concrètement à affronter des étés plus ardents, des sols plus assoiffés ou à l’inverse un trop plein d’eau. Durant ces deux années de déploiement des 45 actions initiales de la Feuille de route, elle s’est aussi évertuée à être une région mobilisatrice.
Forte des premières avancées et enseignements tirés de ces deux années, la Région a souhaité actualiser sa feuille de route et lui donner une nouvelle dimension : plus robuste avec de nouvelles initiatives, plus structurante en intervenant sur sa politique transport-mobilité et plus partenariale en s’entourant de 29 partenaires pour construite le projet Life ADAPT’EST.
Ce projet soutenu par l’Union européenne permettra le plein déploiement des 45 actions initiales et des initiatives complémentaires adoptées en 2025. Grâce à son ingénierie, aux outils qui seront développés, aux moyens financiers associés, le projet Life ADAPT’EST porte également en lui la promesse de nouvelles initiatives, plus audacieuses encore, pour préparer le Grand Est au climat de demain.
Consultez la brochure du Plan d’adaptation au changement climatique 2023-2028
Consultez les fiches vulnérabilité du Plan d’adaptation au changement climatique 2023-2028
